Dans le bucolique et immense centre d'entraînement de Milanello, le haut niveau est aussi dans l'accueil réservé à la presse. Dans ce lieu voué à la performance, tout est réglé comme du papier à musique dans une quiétude reposante.
Et, après le décrassage matinal durant lequel il est resté aux soins pour panser sa blessure à la cheville, il est amusant de revoir le visage familier de Mathieu Flamini. Un peu en retard en raison de ses soins, le gamin d'Auriol formé à l'OM nous accueille avec le sourire et un léger accent italien dans son nouveau chez lui de footballeur derrière une immense cheminée afin de parler de lui, de l'OM et du match de mercredi en Champions League.
Mathieu, comment va ta cheville et seras-tu prêt pour le match de mercredi contre l'OM ?
Je l'espère. Je me suis tordu la cheville mercredi dernier. Je n'ai pas pu jouer dimanche (contre Cagliari, victoire 4-3) et on va faire un test demain (mardi). Je vais alors m'entraîner avec mes coéquipiers de manière à voir si ça passe ou pas. Mais j'ai vraiment à c½ur d'être présent pour ce match.
Tu évolues dans ce centre d'entraînement magnifique de Milanello, comment se passes la vie dans ce club dont on dit qu'il est celui qui s'occupe le mieux de ses joueurs ?
C'est simple. Ici vous êtes pris en charge à 100%. On s'occupe de tout, de vous trouver un appartement, on vous mène d'un endroit à l'autre, tout ce dont on a besoin on le trouve. C'est un peu comme une grande famille. Il y a énormément de personnes autour de vous afin que vous soyez dans les meilleures conditions possibles pour donner le meilleur de nous-mêmes sur le terrain. Tout se passe bien pour moi ici et j'ai beaucoup de chances d'être dans ce club.
Le Milan revient bien actuellement après un début de saison difficile, selon toi c'était du à quoi ?
On a effectivement eu du mal à débuter en essayant différents systèmes de jeu. On a finalement trouvé le bon système et le travail de la pré-saison est en train de payer car l'équipe est bien physiquement et sur une bonne lancée.
Ce système est quand même très offensif et, on l'a vu dimanche, cela occasionne des problèmes défensifs...
C'est vrai que le système est très offensif. C'est basé sur de la récupération et une projection de balle très rapide vers l'avant. Mais je pense qu'il est important de prendre des risques et de marquer des buts. Alors, si à l'arrivée on marque toujours un but de plus que l'adversaire, ça ira.
Est-ce que l'absence de Nesta dimanche (suspendu) a beaucoup joué dans le fait que vous ayez encaissé trois buts ?
Forcément, le fait d'avoir un joueur tel qu'Alessandro Nesta suspendu, ça a une influence sur l'équipe et sur son jeu. C'est un très grand défenseur et c'est toujours un avantage de l'avoir dans l'équipe. Et le fait qu'il ne soit pas là a sans doute joué un rôle.
"Je suis un grand fan de l'OM, c'est toujours mon équipe de c½ur"
Qu'est ce que tu retiens du match aller au Vélodrome en Champions League (1-2) ?
Déjà pour moi, ce fut un moment d'émotion exceptionnel de retourner au Vélodrome car je n'avais pas eu l'occasion de le faire depuis que je suis parti. Et sur le match, il était important de gagner à Marseille afin de se positionner dans ce groupe. Mais, ce que j'aimerai, c'est qu'on puisse se qualifier avec l'OM. Que Madrid se fasse, pourquoi pas, accrocher et que Marseille gagne son dernier match au Vélodrome contre le Real pour passer. C'est mon souhait.
Selon toi, qu'est ce qui a fait la différence lors de ce match car l'OM était pas mal puis Pippo Inzaghi a tout changé ?
Je crois que nous avons été plus réalistes que l'équipe marseillaise. On a su concrétiser nos occasions.
Alors il est incertain pour mercredi en raison d'une blessure à la cheville mais Stéphane Mbia garde un mauvais souvenir de toi lors du match aller (il avait été blessé suite à un tacle de Mathieu Flamini) et il a dit qu'il était «content» qu'il y ait un match retour pour te revoir, qu'est ce tu as à répondre ?
Je n'ai rien à dire. Ce qu'il y a de beau dans le football, c'est que c'est un sport engagé. Je ne suis pas un joueur agressif, j'étais venu jouer le ballon et pour moi, il n'y a pas de soucis. Aucun problème.
Toi et ton équipe, comment abordez-vous ce match de mercredi contre l'OM ?
On va tout faire pour remporter ce match et ainsi pouvoir se qualifier afin d'éviter de nous mettre une pression supplémentaire sur le dernier match.
Ca va être décisif pour les deux équipes car l'OM n'est qu'à un point de vous au classement ?
Bien sûr. On voit Marseille qui est juste derrière nous. C'est important pour les deux équipes. Mais j'espère vraiment qu'au final, les deux équipes se qualifieront.
Est-ce que tu suis toujours les résultats de l'OM et que penses-tu de l'équipe cette saison ?
Oui bien sûr, je suis un grand fan car c'est toujours mon équipe de c½ur. Je les suis et je regarde les matches chaque fois que je le peux. C'est une équipe vraiment solide défensivement avec une grosse présence physique. Au niveau de l'impact, ils savent répondre présents. L'OM est bien en place, joue au ballon et ça reste une équipe très difficile à jouer.
"Pour les Milanais, l'OM reste un club particulier de part l'histoire qu'il y a eu entre les deux clubs"
A l'OM, il ne reste plus personne de ton époque sur le terrain mais il y a José Anigo qui est quelqu'un qui a été très important dans ta carrière en te mettant le pied à l'étrier en équipe première, est-ce que c'est quelqu'un d'important pour toi ?
Bien sûr, ça reste quelqu'un d'important et de cher pour moi. C'est sans doute avec lui que j'ai le plus évolué à l'Olympique de Marseille. Il a su me faire confiance et m'a lancé au haut niveau. Ca reste une personne de référence pour moi et pour qui j'ai énormément d'estime et d'affection. On garde le contact. Je l'ai déjà retrouvé à Marseille pour le match aller, ça faisait longtemps que nous ne nous étions pas vu. J'espère le voir ici à Milan.
En tant que Marseillais formé au club, ça te fait toujours quelque chose d'affronter l'OM même s'il y a déjà eu ce match aller ?
J'ai quand même joué pendant quinze ans dans ce club. C'est forcément un moment spécial, un moment d'énorme plaisir et de grande émotion. Je retrouve le club de mon c½ur. C'est pourquoi je veux être présent pour ce match, j'espère vraiment être prêt physiquement. Le dernier test de mardi me le dira.
Au final, ton histoire à l'OM n'a fait que commencer, est-ce qu'il y a un peu des regrets malgré tout ?
Des regrets, c'est difficile à dire... De mon côté, j'ai tout fait pour que mon histoire avec l'OM continue. Ca ne s'est pas fait mais je pense que les dirigeants en place à l'époque n'ont pas fait les choses pour me garder. Mais, je ne suis pas une personne qui aime revenir sur le passé. Je pense que l'important c'est se projeter sur l'avenir. Et j'espère, pourquoi pas un jour revêtir ce maillot. Tout est possible, alors pourquoi pas un jour ?
A Milan, on te parle toujours des matches entre l'OM et l'AC Milan au début des années 90 ou on a oublié depuis ?
Non, non, non... Tout le monde ici reste marqué par ce qu'il s'est passé. Pour les Milanais, l'OM reste un club particulier de part l'histoire qu'il y a eu entre les deux clubs. Je l'ai déjà évoqué pas mal de fois depuis que je suis ici.
Toi qui as connu le Vélodrome et l'Angleterre avec Arsenal, comment juges-tu l'ambiance de San Siro que l'on aura l'occasion de voir mercredi ?
C'est un peu comme le Vélodrome, il y a beaucoup d'ambiance avec deux virages qui se renvoient la balle. Les Italiens sont très expressifs et ayant vécu le Vélodrome, le style est un peu le même. J'ai eu la chance de grandir dans l'ambiance du Vélodrome et le retrouver quelque peu à Milan est une bonne chose pour moi.
C'est toi qui leur a conseillé la musique «Jump» à chaque but inscrit par le Milan ?
(Rires) Non, ce n'est pas moi mais ils nous avaient demandé notre avis car c'est une nouveauté cette saison.